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Bris de verre modules PV : risques et assurances

Expertise 10 Février 2026
Bris de verre sur module photovoltaïque

Bris de verre sur modules photovoltaïques : quand la course à la légèreté fragilise les installations

Un module photovoltaïque cassé quelques semaines après son installation, sans choc ni tempête. Un taux de casse anormalement élevé lors de la maintenance. Des microfissures invisibles qui se propagent silencieusement… Ces incidents, longtemps considérés comme isolés, se multiplient aujourd'hui sur le terrain.

Un article récent de pv magazine France tire la sonnette d'alarme : la recherche de modules toujours plus légers et moins coûteux a conduit les fabricants à réduire l'épaisseur du verre, avec pour conséquence une fragilité accrue face aux contraintes mécaniques et thermiques.

Pour les acteurs de la filière photovoltaïque — installateurs, exploitants, investisseurs — cette tendance pose des questions très concrètes : comment identifier les modules à risque ? Quelles garanties mettre en place ? Et surtout, comment se protéger face à ces défauts de plus en plus fréquents ?

Pourquoi les modules sont-ils devenus plus fragiles ?

La course à la légèreté

Pour répondre à la demande mondiale et réduire les coûts, les fabricants ont développé des modules toujours plus grands (formats 182 mm, 210 mm) et plus puissants. Parallèlement, pour alléger les structures porteuses (BoS = Balance of System) et faciliter la logistique, ils ont réduit l'épaisseur du verre.

Le problème : Le verre représente plus de 50% du poids d'un module. En le rendant plus fin, on réduit les coûts de transport et de structure… mais on augmente la sensibilité aux contraintes mécaniques et thermiques.

Un verre aminci, même trempé, résiste moins bien aux :

  • Variations de température (dilatation/contraction),
  • Chocs mécaniques (grêle, chute d'objets, manipulation),
  • Contraintes d'installation (serrage excessif, flexion lors du montage),
  • Vibrations (vent, structure peu rigide).

Les chiffres qui alertent

Selon la scorecard 2025 de Kiwa PVEL (laboratoire indépendant de tests modules PV) :

  • 83% des fabricants ont échoué à au moins un test de fiabilité, contre 66% en 2024.
  • Les tests réalisés par RETC confirment également cette tendance à la fragilité accrue.

Sur le terrain, les retours d'expérience se multiplient :

  • Modules fissurés quelques semaines après installation, sans choc ni événement climatique exceptionnel,
  • Taux de casse élevés lors des opérations de maintenance (végétation coupée qui projette des graviers, nettoyage),
  • Microfissures invisibles qui se propagent sous l'effet de l'humidité ou des cycles thermiques, jusqu'à provoquer une rupture brutale.

Les conséquences sur le terrain

Un module fissuré ou cassé, ce n'est pas qu'un simple problème esthétique. Les impacts sont multiples :

1. Pertes de production

  • Module hors service → perte de puissance crête,

  • Infiltration d'eau → dégradation des cellules, baisse de rendement,
  • Effet domino : un module défaillant peut impacter tout le string (chaîne de modules en série).

2. Risques de sécurité

⚠️ Point crucial : Un module cassé n'est plus un appareil de classe II (double isolation). Il présente un risque d'électrocution pour le personnel intervenant sur site (maintenance, inspection, nettoyage).

3. Coûts de remplacement

  • Identification des modules défaillants (inspection visuelle + thermographie + tests électriques),
  • Dépose/repose des modules cassés,
  • Coût des modules neufs (surtout si le modèle n'est plus fabriqué),
  • Immobilisation de l'installation pendant l'intervention.

4. Risques pour la garantie

Les garanties fabricants couvrent généralement les défauts de fabrication, mais pas toujours :

  • Les dommages liés à une mauvaise manipulation lors de l'installation ou de la maintenance,
  • Les microfissures non détectées à la réception (difficile de prouver qu'elles préexistaient),
  • Les modules endommagés lors du transport (qui est responsable : fabricant, transporteur, installateur ?).

Normes et tests : des protocoles dépassés ?

Les modules photovoltaïques doivent répondre à la norme IEC 61215:2021 qui définit les tests de résistance (charges mécaniques, cycles thermiques, humidité, grêle, etc.).

Le problème : Ces tests sont conçus pour des modules "standards", avec des formats et des épaisseurs de verre classiques. Ils ne reflètent pas toujours la diversité des contraintes rencontrées sur le terrain avec les nouveaux formats XXL et verres ultra-fins.

Selon l'article de pv magazine, il est nécessaire de :

  • Réévaluer les méthodes de test pour intégrer des scénarios plus représentatifs (formats XXL, contraintes thermiques accrues, cycles de charge plus sévères),
  • Proposer des séquences de tests combinés (et pas seulement des tests isolés) pour mieux simuler les conditions réelles d'exploitation.

En attendant, les certifications seules ne suffisent plus : il faut mettre en place des contrôles qualité renforcés à toutes les étapes.

Comment se prémunir contre ces risques ?

L'article de pv magazine insiste sur un point clé : il ne suffit plus de se fier aux certifications ou aux garanties standards. Les acheteurs (développeurs, exploitants, investisseurs) doivent s'assurer par eux-mêmes de la conformité et de la robustesse des modules.

1. Contrôles qualité renforcés lors de l'achat

✅ Audit de l'usine de fabrication : vérifier les conditions de lamination, les protocoles de trempe du verre, la traçabilité des matériaux.
✅ Tests complémentaires par échantillonnage :

  • Avant le lancement en production,
  • Pendant la production (contrôles aléatoires),
  • Tout au long de la chaîne logistique (réception chantier).

✅ Inspection du verre avant laminage :

  • Inspection de surface sous éclairage oblique,
  • Détection des micro-défauts par grossissement,
  • Tests non destructifs de qualité de surface (mesures de contraintes, cartographie des distorsions optiques).

✅ Critères d'acceptation du verre : définir clairement la taille, le type et l'emplacement des défauts autorisés.

2. Vigilance lors de l'installation

✅ Manipulation soigneuse des modules (éviter les flexions, les appuis ponctuels),

✅ Respect des couples de serrage recommandés par le fabricant,

✅ Vérification visuelle avant montage (absence de fissures, éclats),

✅ Protection contre les chocs pendant le chantier (zone de stockage sécurisée, manipulation avec ventouses).

3. Suivi en exploitation

✅ Inspections régulières : thermographie, tests électriques, inspection visuelle renforcée,
✅ Maintenance préventive : coupe de végétation à distance raisonnable, nettoyage avec matériel adapté,
✅ Traçabilité : conserver les numéros de série, dates d'installation, rapports d'inspection.

Et du côté des assurances ?

Chez Alexis Assurances, nous constatons que ces problématiques de bris de verre spontanés soulèvent plusieurs questions assurantielles :

1. Les contrats "tous risques chantier" couvrent-ils les modules fragiles ?

Pendant la phase chantier, les modules peuvent être endommagés lors :

  • Du transport,
  • Du stockage sur site,
  • De la manipulation et de la pose.

⚠️ Point d'attention : Certains contrats excluent les dommages résultant d'un vice propre du matériel ou d'une fragilité intrinsèque. Si le module casse à cause d'un verre trop fin (et non à cause d'une mauvaise manipulation), la garantie peut ne pas jouer.
Notre recommandation : Vérifier les clauses d'exclusion, et si nécessaire, souscrire une extension "matériels fragiles" ou "matériels spécifiques".

2. Les contrats "dommages aux biens" couvrent-ils les bris de verre en exploitation ?

Une fois la centrale en service, les modules sont généralement couverts par une police "dommages aux biens" (ou "tous risques sauf").

✅ Si le bris de verre résulte d'un événement assuré (tempête, grêle, vandalisme, incendie), la garantie joue normalement.
❌ Si le bris de verre est spontané (microfissure qui se propage, défaut de fabrication), deux situations :

  • Le fabricant reconnaît le défaut et remplace sous garantie → pas de sinistre assurance,
  • Le fabricant refuse la garantie (ou a disparu) → l'assurance dommages peut intervenir… sous réserve que le contrat ne contienne pas d'exclusion "vice caché" ou "défaut de fabrication".

Notre recommandation : S'assurer que le contrat couvre les dommages matériels d'origine inconnue (ou "dommages accidentels"), avec des plafonds adaptés au coût de remplacement des modules.

3. Les pertes d'exploitation sont-elles couvertes ?

Un taux de casse élevé peut entraîner :

  • Une baisse de production significative,
  • Un arrêt temporaire de l'installation (le temps de remplacer les modules),
  • Une perte de revenus (vente d'électricité, complément de rémunération).

✅ La garantie pertes d'exploitation (ou "pertes de revenus") peut intervenir, à condition que le sinistre soit consécutif à un dommage matériel garanti.
❌ Si le bris de verre résulte d'un vice propre non couvert, la garantie pertes d'exploitation ne jouera pas non plus.
Notre recommandation : Vérifier que la garantie pertes d'exploitation est bien consécutive aux dommages matériels, et qu'elle couvre les événements "non dénommés" (tous risques sauf).

4. La RC de l'installateur peut-elle être engagée ?

Si les modules cassent à cause d'une mauvaise installation (serrage excessif, flexion lors du montage, choc pendant la pose), la responsabilité de l'installateur peut être engagée.

✅ La RC professionnelle de l'installateur doit couvrir :

  • Les dommages matériels causés aux modules,
  • Les pertes d'exploitation du client (manque à gagner),
  • Éventuellement la garantie décennale si le vice apparaît dans les 10 ans et rend l'ouvrage impropre à sa destination.

Notre recommandation : Pour les installateurs, s'assurer que la RC pro couvre les "dommages aux ouvrages" avec des plafonds adaptés, et que la garantie décennale est bien souscrite pour les installations en toiture ou intégrées au bâti.

À retenir

✅ Les modules PV modernes sont plus légers… mais aussi plus fragiles : verre aminci, formats XXL, sensibilité accrue aux contraintes.
✅ Les bris de verre spontanés se multiplient : 83% des fabricants ont échoué à au moins un test de fiabilité (Kiwa PVEL 2025).
✅ Les normes actuelles ne suffisent plus : les tests IEC 61215 ne reflètent pas toujours les contraintes réelles des nouveaux formats.
✅ Il faut renforcer les contrôles qualité : audit usine, tests échantillonnage, inspection du verre avant laminage, traçabilité.
✅ Côté assurance, plusieurs points de vigilance :

  • Vérifier que les contrats couvrent les "dommages d'origine inconnue" ou "dommages accidentels",
  • S'assurer que les pertes d'exploitation sont bien consécutives aux dommages matériels,
  • Pour les installateurs, vérifier les plafonds RC pro et garantie décennale. 

Source : Article pv magazine France – "Modules solaires sous pression : quand le verre cède" (15 janvier 2026) – Lire l'article complet

Vous installez ou exploitez des centrales photovoltaïques ? Vous avez constaté des bris de verre anormaux ? Contactez-nous pour un audit de vos couvertures assurantielles.

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